Si cette distinction récompense le meilleur joueur et la meilleure joueuse du monde, elle s’accompagne également d’autres trophées, comme le trophée Kopa (meilleur jeune joueur) ou encore le trophée Yachine (meilleur gardien).
Au-delà de la performance sportive, le comité du Ballon d’Or a également souhaité mettre à l’honneur les footballeuses et les footballeurs engagés dans des projets sociétaux et caritatifs à travers le trophée Socrates. Son nom rend hommage au footballeur brésilien Sócrates, figure emblématique du football engagé. Médecin de formation et proche des idées de gauche, il s’est notamment investi en 1984 dans la campagne en faveur du rétablissement de l’élection présidentielle au suffrage universel direct, alors que le Brésil était encore sous le joug d’une dictature militaire instaurée en 1964.
Créé en 2022 en collaboration avec la famille Sócrates et l’organisation Peace and Sport, ce trophée a été décerné pour la première édition à Sadio Mané pour son engagement caritatif au Sénégal, où il a notamment contribué à promouvoir un accès plus équitable à la pratique du football pour les filles et les garçons. Les initiatives récompensées font écho à des problématiques persistantes, telles que la pauvreté, les inégalités d’accès à l’éducation et les disparités en matière de santé. En 2024, le trophée avait été attribué à Jenni Hermoso, saluée pour son combat en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes et pour l’amélioration de la place des femmes dans le football. Devenue un symbole de cette lutte, la joueuse espagnole avait été embrassée sur la bouche sans son consentement par Luis Rubiales, alors président de la Fédération espagnole de football, à l’issue de la finale de la Coupe du monde féminine de 2023.
Cette année, le trophée Socrates a été décerné à Bukayo Saka, international anglais évoluant à Arsenal. Depuis plusieurs années, le joueur s’investit dans des actions caritatives et humanitaires, notamment à Londres et au Nigeria. Évoquant cet engagement, il a souligné l’importance de ses origines et de l’aide qu’il souhaite apporter aux autres :
« Je suis très fier de mes racines nigérianes ; pouvoir soutenir des enfants là-bas a donc une signification toute particulière pour moi, et je me sens très privilégié de pouvoir leur venir en aide. Je me souviens de l’époque où j’avais leur âge et où je nourrissais de grands rêves. Le message que je souhaite transmettre est le suivant : continuez à rêver, continuez à y croire et poursuivez vos objectifs. »
Le sport constitue un puissant vecteur d’expression politiquemais la musique joue elle aussi un rôle majeur dans la transmission des idées et des revendications. À chaque édition du Ballon d’Or, différents artistes sont invités à se produire en direct devant les personnalités présentes dans la salle, mais aussi devant des millions de téléspectateurs à travers le monde. Lundi soir, la chanteuse britannique Jorja Smith a interprété son titre Blue Lights, connu notamment grâce à sa performance sur la chaîne YouTube COLORS qui cumule 140 millions de vues.
Le titre Blue Lights fait directement référence aux gyrophares des véhicules de police. À travers cette chanson, Jorja Smith évoque le profilage racial, les préjugés policiers et la peur ressentie par les jeunes issus des quartiers populaires britanniques. Les lumières bleues deviennent alors le symbole d’une menace potentielle, même pour ceux qui n’ont rien à se reprocher. Dans ce contexte, le choix de cette chanson prend une dimension particulière. Si la présence de Jorja Smith peut notamment s’expliquer par ses origines britanniques, l’interprétation de ce titre chargé de sens peut également être perçue comme un écho aux débats contemporains sur les discriminations et les rapports entre la police et certaines communautés.
Le football ne se limite pas à ce qui se passe sur le terrain : il peut aussi porter des valeurs de respect, de paix et d’égalité, et contribuer à faire entendre des voix qui méritent d’être écoutées.






