← News

« AZAR : Empreintes de féminités » : Une exposition qui s’affranchit du regard orientaliste

Arts23 janvier 20263 min de lecturePar BO Média
« AZAR : Empreintes de féminités » : Une exposition qui s’affranchit du regard orientaliste
Lire

Du 23 au 24 janvier 2026, la galerie Delta dans le 5 e arrondissement de Paris accueillera une exposition gratuite dans l’univers de l’artiste algérien-polonais,
Erwanhiart, à travers une sélection de peintures au prisme de l’identité culturelle, des clichés orientalistes et des figures féminines.

Depuis son enfance, Erwanhiart nourrit une passion pour la peinture. Mais ce qui distingue son travail, c’est sa manière de peindre : avec les doigts. « J’ai essayé avec les pinceaux, mais c’était un échec. Un jour, en utilisant un Posca, je l’ai secoué un peu trop fort et il a bavé. C’est à ce moment-là que j’ai eu l’idée de peindre avec mes doigts, et c’est devenu ma technique », raconte l’artiste. Erwanhiart donne vie à des portraits qui célèbrent la force et la beauté des femmes. Il associe également collage, tissu, et couture, des techniques empruntées à son parcours artistique, pour enrichir ses œuvres d’une dimension texturée et émotionnelle.

L’identité féminine et culturelle à l’honneur
Le titre de l’exposition, AZAR (qui signifie « Racine » en arabe), porte en lui une volonté de se reconnecter aux racines, d’explorer l’héritage familial et culturel de l’artiste. Erwanhiart s’inspire avant tout des femmes de sa famille : sa mère, ses sœurs, et les figures féminines fortes et charismatiques qui ont marqué son quotidien. « Les femmes m’ont toujours inspiré. C’est cette image de la femme forte, dirigeante, charismatique. J’ai beaucoup de femmes comme ça autour de moi, qui m’influencent », confie-t-il.
L’exposition se veut un hommage aux figures féminines dominantes, souvent invisibilisées ou mal représentées dans l’art traditionnel. En réappropriant des icônes historiques et culturelles, comme Nefertiti, Cléopâtre, ou encore Tin Hinan,
Erwanhiart déconstruit le mythe de l’orientalisme, une vision souvent caricaturale de l’Orient et de la culture arabe. Pour lui, il est essentiel de remettre ces représentations à leur juste place, en les redéfinissant selon un regard authentique et enraciné.

Un mélange de textures, de musique et de culture
L’exposition ne se limite pas à une simple collection de peintures. En entrant dans l’espace de la galerie, se mêlent peinture, collage, tissu, mais aussi de musique afro- caribéenne. Les œuvres d’Erwanhiart créent un pont entre différentes influences culturelles : entre l’Orient et l’Occident, entre la tradition et la modernité. « Il y a le côté identitaire, culturel, féminin que tu vois beaucoup en avant, mais aussi toute la pop culture qui traverse mon travail », explique l’artiste.

Tanila, un livre d’illustrations
En parallèle de l’exposition, Erwanhiart travaille sur Tanila, un livre d’illustrations web diffusé sur Instagram. Ce projet représente un nouveau chapitre dans son parcours créatif, un espace où il peut librement exprimer ses inspirations et ses engagements.
« C’est un livre qui va être de la science-fiction, mais aussi un voyage dans la culture amazighe, arabe, algérienne », confie l’artiste.

AZAR : Empreintes de féminités est une exposition gratuite, du 23 (10h – 21h30) au 24 (10h – 16h) janvier 2026 à la Galerie Delta, 16 rue Claude Bernard, 5e arrondissement de Paris.

Léa Tirveilliot

À lire, écouter, voir

Et ce n’est
pas fini